La rue où j'ai grandi se situait dans un quartier plutôt tranquille, au nord est de Rennes. Mes parents, eux, enseignaient à l'autre bout de la ville, dans le quartier de Cleunay, celui de la grande époque, des années 60-70, de la cité d'urgence et du bâtiment bleu, ce qui fait que c'est là que j'ai effectué toute ma scolarité primaire.
Pour aller à Cleunay, chaque matin, nous devions traverser toute l'agglomération. Je me souviens surtout de la dernière partie du trajet, celle où l'angoisse commençait à monter : place de Bretagne, rue de la Motte Picquet, bd voltaire, rue de Redon, chemin de la Prevalaye, St Clément, puis nous tournions rue Ferdinand de Lesseps.
Des noms me reviennent à l'esprit : Adam, Berthaux, Foustel, Ben Saïd, un certain “24h du mans”, tête de turc et bagarreur, fraichement débarqué de la métropole sarthoise, ainsi que celui d'une certaine Mariana C., première d'une longue liste d'amoureuses imaginaires.
Les instits portaient des blouses grises et étaient pour la plupart, et pour employer un doux euphémisme, particulièrement sévères.
Champion de Cicé
mon école
la peur au ventre
ma vie commençait là
interminablement.
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