Je me souviens que le dimanche après-midi, de la fin des années 60 jusqu'au mitan des années 70, j allais souvent au théâtre avec mes parents.
Je me souviens de Ciboulette, de Véronique, de la Mascotte.
Je me souviens de la Belle Hélène, de la fille de Mme Angot, de la fille du tambour major.
Je me souviens de la Vie parisienne, de la Perichole.
Je me souviens des mousquetaires au couvent, des cloches de Corneville.
Je me souviens de Manon, de Mireille et de Carmen.
Je me souviens que je trouvais Mireille interminable et la fille de Mme Angot captivant comme un film de cape et d'épée.
Je me souviens des loges du préfet, du sous préfet, du maire.
Je me souviens du parterre et du poulailler. Je me souviens des balcons.
Je me souviens de la peinture du plafond avec ses bretons qui dansaient. Je me souviens que je m' y absorbais lorsque les airs m'ennuyaient un peu.
Je me souviens des entractes. J'allais me promener dans le foyer en mangeant un esquimau glacé. Je me souviens que j'observais les gens et que j'aimais ça.
Je me souviens de la sonnerie qui annonçait la fin de l'entracte et je me souviens que j'aurais aimé que ça dure encore un peu.
Je me souviens que le soir, le tapis vert de ma petite chambre de la rue Joseph Turmel me servait de scène et mes peluches, mes poupées et mes soldats de public.
Je me souviens de M. L'homme, le régisseur et de sa femme.
Je me souviens que nous allions les voir dans leur maison quelque part vers Pont-réan et que je restais dans la voiture car j'avais peur du chien, un gros berger allemand un peu fou.
Et bien sûr aussi, je me souviens de Monsieur B., barbu pas commode, droit comme son basson, assis tout au fond de la fosse d'orchestre, à côté des percussions.