La rue de Fougères, je la connaissais bien. Encore plus en amont de mon existence, je l'empruntais déjà pour rejoindre le centre ville. Je prenais la ligne numéro 1 dont le terminus se trouvait à une centaine de mètres de chez moi, tout en bas du Boulevard Paul Painlevé, à quelques pas de l'entrée du parc de Maurepas.
J'ai grandi rue Joseph Turmel, un petit immeuble de quatre étages. Le parc de Maurepas, c'est là que j'ai appris à faire du vélo et du patin à roulette. C'est là aussi que j'ai étrenné mes voitures téléguidées puis télécommandées. Je ne me souviens plus à quel âge j'ai commencé à m'y rendre sans mes parents. Pas avant huit ou neuf ans je pense. J'étais un enfant couvé et craintif. Pour aller au parc je descendais la rue Turmel et passais devant Parksup, une petite supérette ou j'allais acheter des bonbons et mon Pif Gadget hebdomadaire.
Je ne compte pas le nombre de cauchemars qui, durant toutes mes années d'enfance, ont pris ce trajet pour décor. Des individus me suivaient dans la rue, m'attendaient devant la supérette ou à l'entrée du parc, me poursuivant jusque dans la cage d'escalier. Je les entendais se rapprocher. Arrivé devant chez moi, je tentais fébrilement d'ouvrir la porte. Parfois ils me rattrappaient et je me réveillais alors en sursaut au milieu de la nuit.
En fait je n'ai jamais su ce qu'ils me voulaient exactement. Peut-être juste me dire d'arrêter d'avoir peur.
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